La stratégie de FamilySearch pour contribuer à la conservation des archives du monde

31 août 2018  - by 

David Ouimette dirige l’équipe de stratégie de collecte de contenu mondial de FamilySearch, plus grand organisme généalogique mondial et chef de file dans la conservation des documents d’archives.

L’équipe de David Ouimette enregistre des souvenirs du monde entier : des documents d’archives qui pourraient bien être les seules preuves de l’existence des personnes dont ils renferment les noms. Il est inquiétant de voir qu’une quantité innombrable de documents, et les histoires personnelles qu’ils renferment, se perdent chaque année.

L’équipe de stratégie de collecte de contenu mondial de FamilySearch élabore sa stratégie de collecte en établissant des priorités géographiques et en identifiant les collections ayant le plus de valeur généalogique. Déterminer les collections de documents à sauvegarder en premier, selon la durée pendant laquelle ces documents seront disponibles, est extrêmement important.

Choisir ce qu’il faut conserver

David Ouimette déclare : « Il y a toujours des documents en danger,  il est donc nécessaire d’élaborer des plans ». Mais sachant qu’il y a plus de deux-cents pays et principautés dans le monde, comment choisit-on quels documents enregistrer en premier ? C’est le défi constant de l’équipe de stratégie de collecte de contenu mondial de FamilySearch. L’équipe prend en compte un certain nombre de variables pour élaborer la stratégie en constante évolution de FamilySearch afin de conserver les archives généalogiques du monde entier et d’en permettre l’accès.

Les cinq plus grandes menaces pesant sur les documents d’archives

Ces documents irremplaçables comprennent des renseignements concernant les naissances, les baptêmes, les mariages, les décès, les immigrations ainsi que des recensements militaires, des actes juridiques, des tables de recensement, etc… Voici ce qui menace leur existence :

  1. Les mauvaises conditions de stockage. Trop de documents d’archives se décomposent chaque jour sous l’effet de la moisissure, de la pluie, du soleil et des infestations d’insectes.

    Cette photo des Archives nationales de Kinshasa en république démocratique du Congo met en évidence les dangers considérables qui menacent encore les documents d’archives à notre époque.

    Dans le bâtiment en parpaing où ils sont stockés, ces documents sont empilés de façon désordonnée sur de hautes piles exposées à la lumière du soleil et aux intempéries qui traversent le toit et la porte d’entrée. Aucune mesure n’est prise pour les protéger.

    Après avoir visité les lieux, David Ouimette a raconté : « Quand un archiviste a ouvert un livre dans la salle, des termites s’en sont échappées à la recherche d’un trou où se cacher ».

  2. L’instabilité politique. David Ouimette et son équipe se sont rendus dans les centres d’archives de certains pays et y sont retournés des années plus tard pour découvrir qu’ils avaient été rasés, totalement détruits.

    Il explique : « Quand des troubles politiques éclatent ou que l’instabilité menace, les émeutiers incendient les bâtiments publics qui contiennent souvent les meilleurs documents ».

    Une photo de documents noircis par les flammes, empilés dans un bâtiment d’archives à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, montre les dégâts possibles.

    Un membre de l’équipe de David Ouimette est retourné dans un autre bâtiment d’archives quelques années après des émeutes et a trouvé des traces de fumée sur les murs, plusieurs années plus tard.

  3. La destruction programmée. Les documents d’archives nationaux du Ghana en Afrique sont détruits intentionnellement tous les dix ans. David Ouimette a confié : « À leurs yeux, ces documents sont vieux et prennent de la place ».

    Il explique que les Ghanéens utilisent les statistiques de recensement pour leur conscription militaire, ce qui consiste à évaluer la santé de la population en fonction des taux de fécondité et de mortalité.

    Lorsqu’après une dizaine d’années, ils ont glané les renseignements dont ils pensent avoir besoin, ils détruisent les documents originaux sans tenir compte de leur valeur généalogique à long terme.

    David Ouimette explique : « Ils sont presque forcés de détruire ces documents, parce qu’ils vont faire un autre recensement et n’auront pas la place de garder les anciens ».

    Toutefois l’un des pires exemples de destruction de documents généalogiques précieux, est celui des documents d’archives de la Compagnie britannique des Indes orientales. David Ouimette a confié : « Des recenseurs faisaient des recensements nominatifs (des recensements dans lesquels on répertoriait les noms de chaque personne qui appartenait à un foyer) et ils les détruisaient tous les dix ans, comme on le faisait en Angleterre, et pas seulement en Inde, mais aussi dans les pays avoisinants ».

    Lorsque l’Empire britannique s’est effondré et que l’Inde a acquis son indépendance, elle a continué cette pratique de destruction. L’Inde numérise maintenant les documents de recensements importants, mais la loi interdit qu’ils soient rendus publics et les documents numérisés finiront pas être détruits après un certain temps.

    David Ouimette explique : « Les gens ne pensent à pas la valeur historique des documents à long terme. Ils s’inquiètent davantage de la protection de la vie privée que du fait d’avoir un enregistrement écrit des personnes qui ont vécu là, dans deux-cents ou trois-cents ans ».

  4. Le décès des transmetteurs oraux de renseignements généalogiques. Les renseignements généalogiques ne sont pas toujours conservés dans des archives, ils font aussi parfois partie de la mémoire des personnes. Dans les tribus africaines, il arrive souvent qu’un ancien du village soit capable de réciter par cœur cinq générations de la tribu, voire sept ou huit générations pour certains. Lorsque ces villages africains se dépeuplent et que les jeunes partent dans les villes, il ne reste plus personne pour remplacer les transmetteurs de généalogie oraux.

    David Ouimette fait remarquer : « Lorsqu’un de ces anciens meurt, c’est comme si un document d’archives brûlait ».

    Il est essentiel de collecter rapidement les généalogies orales. Une équipe de FamilySearch a rendu trois ou quatre fois visite à un ancien qui pouvait réciter tous les descendants des membres de sa tribu sur des générations. L’équipe a décidé de retourner le voir une dernière fois pour le remercier.

    David Ouimette raconte : « Quand nous sommes arrivés près de sa maison, sa famille est sortie et nous a dit qu’il était mort pendant la nuit. Elle nous a dit combien il avait été reconnaissant de pouvoir transmettre le travail de toute sa vie avant de mourir ».

    Dans un village ghanéen où des représentants de FamilySearch se sont réunis avec les anciens de plusieurs tribus, ceux-ci leur ont fait part de la nécessité de conserver ces généalogies orales parce que les jeunes de leur tribu qui partent pour les villes n’apprennent pas à connaître leur patrimoine africain.

    David Ouimette raconte : « Les anciens ont expliqué : ‘Ils oublient qui ils sont. Nous écrivons principalement leur livre, le livre de leur famille. Il permet à la jeune génération de se rappeler qui elle est en se tournant vers ses ancêtres. C’était magnifique d’entendre cet ancien établir ce lien ».

  5. Le risque important de catastrophes naturelles. Les inondations, les ouragans, les typhons, les incendies, les tremblements de terre et tout ce qui s’en rapproche sont des catastrophes naturelles qui mettent en danger ou détruisent complètement les documents d’archives et généalogiques.

    Les Philippines, par exemple, sont sous la menace constante d’inondations. David Ouimette a raconté comment il s’est rendu dans un village où des piliers de ciment portaient en hauteur des marques sombres indiquant le niveau qu’avait atteint l’eau lors des dernières inondations.

    L’archiviste du village, dont le bureau se trouvait à l’étage, au-dessus de la marque laissée par les inondations, s’est lamenté du fait qu’une inondation avait détruit ses archives en 1985. Un centre d’archives central à Manille effectue régulièrement une copie des documents locaux parce qu’ils sont souvent usés à force d’être utilisés. L’archiviste avait reçu une subvention gouvernementale pour copier les archives de son village, cependant, le bureau de son village avait manqué d’argent avant qu’il termine sa tâche.

Un don inestimable

Pendant que les employés de FamilySearch se trouvaient dans ce bureau d’archives aux Philippines, ils ont ouvert une session sur le site Internet de FamilySearch et ont trouvé les documents qui manquaient dans ces archives. Une équipe de FamilySearch les avait microfilmés avant les inondations de 1985.

David Ouimette décrit la conversation qui a suivi : « [Nous avons] dit [à l’archiviste] : ‘Saviez-vous qu’il existe une copie de tous les documents que vous aviez avant les inondations ?’ Il l’ignorait totalement. Un bon nombre d’autres officiers de l’état civil l’avaient précédé, et au fil du temps cette information avait été oubliée ».

Les employés de FamilySearch ont proposé de lui donner une copie des documents. « Quand nous sommes partis, il nous a suivis dans les escaliers en disant : ‘Vous êtes sûr ? Vous feriez ça pour nous ?’ » Quelques semaines plus tard, FamilySearch lui a envoyé un disque dur gratuit avec une copie des documents qui lui manquaient.

Comment les gens peuvent-ils obtenir l’accès aux documents conservés ?

Pour accomplir cet exploit presque impossible de conserver les documents généalogiques du monde entier, des bénévoles de FamilySearch, des travailleurs contractuels, des employés et parfois même du personnel des bureaux d’archives emploient près de trois-cent-trente caméras dans environ cinquante pays du monde entier. Ils collectent jusqu’à 40 millions d’images numériques de documents d’archives par an. Ces documents sont disponibles dans le catalogue en ligne de FamilySearch et dans les collections de documents d’archives. Ces images numériques contiennent trois à quatre milliards de noms, qui, une fois indexés par la communauté en ligne de bénévoles de FamilySearch, sont ajoutés à la base de données existante de six milliards de noms de FamilySearch.

Comment aider ?

FamilySearch fait appel à des personnes dans des communautés précises pour faire ce qui suit :

  • Se renseigner au sujet des documents d’archives. Se rendre dans des lieux de dépôts ciblés et créer un inventaire de base des documents existants.
  • Établir des liens avec des personnes importantes. Établir des liens avec les archivistes et autres personnes clés qui peuvent inciter les institutions à autoriser FamilySearch à numériser les registres ou fournir ces autorisations.
  • Prendre des photos numériques des registres. Utiliser l’équipement numérique fourni par FamilySearch pour prendre des photos de certains documents.

Pour en savoir davantage sur les possibilités d’aider, envoyez un courrier électronique à l’adresse preservation@FamilySearch.org. Et si vous êtes désireux et capable d’aider et que vous voulez contribuer financièrement à la cause de la conservation des documents à risque dans le monde entier, consultez le site www.familysearch.org/donate. (Site en Anglais)

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Commentaires

  1. Bonjour:votre lien ci-dessous conduit à une « erreur de votre serveur interne » ? merci w.familysearch.org/wiki/en/Spain,_Province_of_Granada,_Catholic_Pre-Marriage_Investigation_Files_Index_(FamilySearch_Historical_Records)